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Ne te retourne pas. Pas encore. Avance.

Il y a un an exactement, j'avais les résultats du bac. Bon sang, il s'en est passé, des choses, depuis ce jour-là.

Si je récapitule, non, au contraire, si je mets tout en vrac, sans réfléchir :
- Je suis rentrée à la fac, et j'ai dit au revoir au lycée. Fin d'années où l'on était douillettement menés dans le bateau des horaires réguliers, des emplois du temps chargés mais carrés. J'ai appris à m'organiser, plus, mieux, à construire mes semaines, avec plus ou moins de succès.
- J'ai eu mon prix de solfège, j'en ai fini avec cette matière ; pourtant, je l'aimais bien (petit sursaut d'égocentrisme, dès le 2ème tiret…)
- J'ai fêté la première année de mon blog, d'ici, de ce lieu, de cette plage d'écriture (décidément, je n'aime vraiment pas les mots "joueb" et "blog")
- On m'a fait la cour en me vouvoyant
- J'ai enfin appris à travailler mes instruments de musique, et à ne plus me reposer sur mes lauriers de "très grande musicalité", comme le disaient les jurys. Et encore...
- On m'a aimée, fort, brièvement. . Oh, qu'il a pris d'importance, celui-là, sans s'en être peut-être rendu compte. Je ne m'en aperçois moi-même qu'à présent. Peut-être le savais-je déjà auparavant. On croit toujours ne se rendre des choses qu'au moment où on les pense, alors qu'on l'avait déjà réalisé avant, sans avoir peut-être posé les mots dessus.
- J'ai appris avec lui la fusion des corps, l'étreinte intime et belle, sans peur.
- Il m’a fallu connaître malgré moi le temps dans toute sa splendeur, qui espace les rencontres entre amis proches. , , , entrevus tous les deux mois, à peine parfois. Mais notre amitié toujours aussi forte, solide. Peut-être plus encore.
- J’ai connu à mes dépens et à mon grand bonheur, l’amitié avec un garçon formidable, . Il m’a dit un jour : « Avec toi, je crois à l’amitié garçon-fille », tout en n’y croyant pas avec qu’il aimait en silence. Et moi, j’ai du y croire, en me forçant à taire mes sentiments. Alors, peut-être, un jour, j’y croirai, pleinement, entièrement, sans faille ni remords.
Mélange de choses futiles et importantes, je ne sais pourquoi cet ordre, mais n’avais-je pas dis désordre, justement, avant de noter tout cela ? Que me dirait mon inconscient, s’il pouvait parler…

Trop d’instants me viennent en tête, et en même temps, si peu. Je ne parviens pas à les isoler, les uns après les autres, pour pouvoir les mettre sur le papier. Enfin, sur le papier… Ils sont comme des papillons qui volent autour de moi, reflets moirés et colorés, que je tente d’attraper. Mais il me faut me contenter de les regarder, de loin, soit parce qu’ils évoluent trop vite, soit parce que j’ai peur de les briser en les prenant trop près de moi. Ils restent, là, s’éloignent quelques fois, d’autres disparaissent, et ressurgissent aussi.

J’ai peur de devenir amnésique de ces moments vécus, j’ai peur de les laisser fuir et de les oublier.
Jeudi soir, j’ai pensé si fort que je ne contrôlais plus mon corps. Je repensais à cette soirée de mercredi, et quelque chose en moi refusait qu’elle se soit finie sur un inachèvement, paradoxalement. Mise en suspens avec Tom. Ha, mise en suspens est un euphémisme ; je sais bien que je ne le reverrai jamais.
Alors, soudain, allongée dans mon lit, j’ai eu envie de serrer quelqu’un contre moi, si fort, si fort. J’avais tant besoin d’une présence, tout mon corps appelait à la caresse, à l’étreinte.

Heure exquise
Qui nous grise
Lentement
La caresse,
La promesse
Du
moment
L’ineffable étreinte de nos désirs fous
Tout dit : gardez-moi puisque je suis à vous.

J’avais lu ces vers dans une pièce de Samuel Beckett dont le nom m’échappe soudain, ah, quelle était-elle, je… voilà : Oh les beaux jours. Je viens d’apprendre qu’elle est extraite de la Veuve Joyeuse. Sensation étrange ; pour moi, ces vers étaient de la main de Beckett, seul cet homme de théâtre pouvait avoir écrit cela, c’était part intégrante de cette magnifique pièce, cela ne pouvait être autre chose.
J’aime tant ces vers. Je les avais murmuré à Raphaël une fois, et j’aurais tant aimé ressentir encore plus fort la tendresse que je lui portais à ce moment-là. Ces vers ne peuvent que s’accompagner d’amour, ils devaient peut-être sonner un peu faux. Mais c’était un signe d’attachement profond, j’avais envie de l’aimer, sans doute, même si je n’avais pas encore atteint cet amour ‘requis’. Jolis vers un peu ébréchés dans ma bouche, allant cahin-caha vers son oreille, pleins l’espoir d’aimer plus tard, hein, plus tard, dis…  J’avais envie de lui souffler cela, ces vers si importants pour moi, si pleins d’émotion, que j’avais écrit quelque part sur un cahier lorsque j’aimais si profondément Je les disais lentement, comme à chaque fois que je me les lisais pour moi-même, pour avoir le temps de sentir sonner les mots en moi, ou plutôt, non, ‘sonner’ n’est pas le mot juste. Leur donner le temps de prendre forme, de trouver leur rondeur et leurs cassures, la voix rauque et pleine, la ligne et la brisure. J’aurais voulu, par le seul biais de ces mots, que me soit soudain offert cet amour auquel j’aspirais en lui murmurant cela, j’aurais voulu répondre au sien, j’aurais voulu…
Ces quelques lignes, ces quelques rimes m’accompagnent, si fort, si intensément.

J’aurais aimé t’aimer, Raphaël.
N’était-ce pas déjà une forme d’amour ?

Je crois qu’il est temps de ne plus y penser.
Et pourtant. On repense toujours aux instants passés, aux sentiments qui ont parcouru notre esprit, notre corps. Oui, notre corps. Le sentiment est physique, plus que jamais.




Je suis souvent, en ce moment, ébahie par le silence qui entoure ma maison. Mon chez-moi. Maison me semble trop matériel. Le lieu où je vis. Trop impersonnel. Chez moi. Oui.
Ce silence soudain, parfois, lorsque je sors dans le jardin. La plupart du temps, des voix résonnent furtivement dans les jardins, ou une radio marche doucement au loin, une tondeuse, le ronronnement de la climatisation du voisin, que sais-je. De temps en temps, une moto qui démarre en trombe sur l’avenue, de l’autre côté du mur.
Et quelques fois, il me suffit de sortir dans le jardin, pour me laisser soudain surprendre par ce silence. Non pas pesant. Une chope silencieuse qui vient se glisser sur mes épaules, en l’espace d’une seconde. Je sens. Aucun bruit. Aucun geste. Juste la quiétude d’un soleil délicieusement engourdissant, ou le silence teinté de bruit en sourdine, avant un orage. Ce silence si particulier, qui semble vivant, où le vent circule partout, sans être particulièrement remarquable, mais où l’on sait qu’il est là, présent. On devine ce qui va venir, la pluie, on pressent, les bruits ne vivent que comme à travers un sixième sens, qui serait plus intense, plus fouillé. Je parle au ‘on’, alors que je devrais dire ‘je’. C’est bien moi qui ressens cela, et pas tout le monde, sans doute y a-t-il de nombreuses autres personnes à éprouver ça, mais je ne sais pas.
Ce silence si beau, qui m’enivre, me donne envie de courir et de rester immobile à la fois, là, sans rien dire.  Juste… écouter.





Cette année est encore trop proche de moi ; j’y suis encore plongée. Je ne sais pas où se trouve la frontière entre celle-ci et l’année prochaine, je suis partagée entre une envie de limite abrupte mais claire, et une transition ‘en douceur’, car je suis en train de la vivre. Je n’aime pas vraiment cet état d’entre-deux de fin d’année, où l’on ne sait que faire. Inactive sans l’être vraiment, j’erre à travers la maison, vois mes amis partir un à un en vacances, et j’attends à mon tour le départ.
Oui, mon année est encore trop présente pour me retourner et tenter de dresser des listes, absurdes sans doute. Oh, quoique, peut-être pas si absurdes si elles ne sont pas listes, mais pensées jetées en désordre, au fil des mots.
Alors, la rétrospective n’est pas pour maintenant. Plus tard, peut-être.
Je crois que l’on ne sait jamais vraiment quel est le moment pour se retourner sur le passé. A-t-on jamais assez de distance ? Et d’ailleurs, la distance est-elle nécessaire pour voir tout cela…
Questions qui resteront pour l’instant sans réponse, du moins ce soir, je n’ai pas envie d’y réfléchir.

J’ai juste envie d’aimer. ‘Juste’.

 

 

 

 

Ecrit par Feu, le Samedi 2 Juillet 2005, 23:43 dans la rubrique Ecrits.

Inspirations soudaines :

Endlich
Endlich
03-07-05 à 15:17


"J’ai juste envie d’aimer. ‘Juste’."

Moi aussi.

 


 
manzin
manzin
03-07-05 à 16:02

Re:

Tu connais le proverbe qui dit "Mieux vaut avoir perdu un amour que de ne jamais le connaitre" ? Enfin c'est pas exactement ca, mais c'est dans ce gout la quoi. Et ben je trouve que c'est de la merde.
Ouais biensur connaitre l'amour c'est top, mais se consoler en se disant que c'est mieux que de l'avoir jamais connu c'est nul !

Moi je dis, mieux vaut connaitre l'amour, se donner a fond quitte a etre malheureux après car de toute facon il n'existe pas la personne parfaite dans le monde, il existe des milliards de possibilités et de gens a rencontrer. Vive la vie et l'aventure qu'elle nous offre !
Ok ca va je sais ce que tu te dis, tu te dis que ca c'est quand meme un proverbe hyper looooong ! Ben oui mais keske tu veux?

PS: j'ai fais deux ans de solfège sur xylophone et j'ai jamais eu de diplome O.o

 
Feu
Feu
04-07-05 à 18:16

Re: Re:

Entièrement d'accord, le mieux est de vivre jusqu'au bout, pour voir tout ce que ça peut nous offrir. Faut pas s'encombrer de proverbes, ça embrouille les idées plus qu'autre chose, et ça sert souvent d'excuses à toutes les choses qu'on a ratées...!

(Hm, je sais pas si le solfège sur xylo ouvre à une avenir formidable... Ouah, imagine la classe que ça serait : devenir prof de solfège, juste en sachant faire do et mi sur un ptit xylo. Fini les années de galère merveilleuse sur les accords de septième de dominante, de quinte diminuée, de rythme trochaïque, et tous ces trucs qui font plus snob qu'autre chose, lorsqu'on tente de placer dans une conversation normale...) ;) Héhé

 
Feu
Feu
04-07-05 à 18:26

Re: Re:

Zut, j'voulais pas te vexer...
Je connais moi-même de très bon percussionnistes qui jouent comme des dieux du xylo, alors c'est dire si je ne me moque pas de cet instrument. Bien sur qu'on peut devenir un grand xylophoniste! Et puis moi aussi j'ai démarré par du xylo, dans les petites classes de solfège, et ça m'a aussi conduit au piano, puis à la flûte, et ça fait 10 ans, voir plus.
:)
Donc vive le xylo! ;)

(et puis pour les commentaires, tu ne risques pas de "polluer", au contraire, c'est fait pour s'exprimer!)


 
manzin
manzin
04-07-05 à 18:29

Re: Re: Re:

Weeeeeh!! youpiii !!!

Que viva el xylophonnooooo !!!!!!

 
MangakaDine
MangakaDine
04-07-05 à 12:47

J’aurais aimé t’aimer, Raphaël.
N’était-ce pas déjà une forme d’amour ?

Juste pour le copier coller. Tellement juste.


 
Feu
Feu
04-07-05 à 18:23

Re:

:) (encore un, mais c'est juste que je ne trouve rien à y redire.) :)