Ici s'йteint tout doucement. Sans bruit. Juste comme la flamme d'un bec de gaz que l'on baisse lentement, par un petit geste du bout des doigts.
Je viens de finir mon devoir de linguistique, et ma tкte se renverse un instant en arriиre, le corps qui s'abandonne sur le dossier de la chaise, et les yeux qui se jettent une heure а peine plus tфt...
J'ai oubliй de poster cet article avant de partir de ma chambre, c'est-а-dire il y a quatre heures ; je m'empresse donc de rendre а Cйsar ce qui est а Cйsar... (comment utiliser а mauvais essient une expression consacrйe...)
J'aurais bien continuй а parler avec lui et а l'embrasser, ou plutфt me faire embrasser en riant toute la soirйe. Encore.
Il y a eu nos mots un peu dйcousus hier soir en sortant du cinйma, parce que je devais rentrer dоner chez moi, l'ayant promis а mes parents ; trois soirs de suite dehors, it's little too much, as they said.
Juste pour mйmoire, les gants qui s'йchangent et nos marches dans tout Paris ; Saint-Lazare, Odйon et Pigalle, nos mots toujours, encore. Les mains qui s'accrochent un dernier moment, avant que les portes du mйtro ne se referment, "Alors, tu la trouves ton excuse minable pour me raccompagner?" et la tache sur son jean, Woody Allen et Mathieu Amalric, "Tu es Amйricain ou Anglais aujourd'hui?"...
J'ai l'impression d'кtre en plein Beverly Hills.
Ce midi, l'esprit hantй en arriиre-plan par Phil, je prends le bus, direction Odйon. Rendez-vous avec Al. Que j'ai vu pour la derniиre fois il y a quinze jour, dans les couloirs du conservatoire, et l'avant-derniиre fois il y a cinq mois, au conservatoire, de mкme. Pour situer un peu : je connais Al depuis l'annйe derniиre, par le biais des cinq premiers cours d'analyse du CNR, oщ nous йtions ensemble. Par la suite, j'ai changй d'horaire, pour cause d'organisation un peu cahotique, et nous ne nous sommes plus croisйs que tous les deux mois, entre deux couloirs.
Et ses mots qui galopent dans ma tкte, aprиs son coup de fil. Le sourire par ondes tйlйphoniques.
C'йtait...

